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Pour les Chambaran SANS Center Parcs

Roybon : le retour du bannissement !

par Expression personnelle.
Mis à jour le mardi 31 mars 2015

En juillet 1995, Jean-Marie BRUN s’installa à Roybon, dans une ancienne maison dauphinoise, sise un peu au dessus du lac, non loin d’un certain bois des Avenières, où il effectuait des sorties à cheval avec les débutants. Car ce père de trois enfants avait ouvert son centre équestre, baptisé "Le Cheval Autrement", pour mettre en valeur sa démarche. Il entendait s’inscrire dans le cadre d’une nouvelle relation entre l’animal, l’être humain et la nature, loin des clichés et des conceptions traditionnelles de l’équitation. Accompagnateur équestre, médiateur, et praticien en thérapies psychocorporelles, Jean-Marie BRUN a la fibre humaniste autant qu’écologique. Le village de Roybon, de son propre aveu, il l’aimait "avec ses galets et le froid de l’hiver..." Il ajoute : " J’y avais beaucoup donné, cherchant toujours à faire travailler en priorité les commerces, agriculteurs, ou artisans locaux, ou participant aux fêtes annuelles."Lorsqu’il organisait des stages, Jean-Marie ne manquait pas d’amener ses clients au restaurant de Roybon, et le foin de ses chevaux était acheté auprès d’un agriculteur local. C’est aussi au vétérinaire du village qu’il s’adressait pour les soins de ses animaux.

Il suffit de franchir la porte de la maison de Jean-Marie pour se faire une idée de son propriétaire : c’est le refuge d’un amoureux de la nature autant que d’un esprit cultivé, lucide, ouvert aux autres et aux débats de la modernité. Elle nous manquera, sa grande table autour de laquelle il faisait bon s’asseoir, juste à côté du poêle à bois, après être allés dire un petit bonjour aux chevaux, qui pâturaient, tranquilles, sur le coteau.

Oui mais voilà, Jean-Marie BRUN fait partie de ces gens qui s’offrent le luxe d’avoir des opinions et de les exprimer. Un tel comportement semble ne pas complaire à Monsieur le Maire de Roybon, ni à ceux de ses concitoyens qui se pâment à la seule évocation du Center Parcs... Début février 2015, Jean-Marie BRUN participe à une émission de France 2 (Envoyé Spécial), au cours de laquelle il formule clairement son opposition au saccage de la forêt de Chambaran et à l’installation d’un Center Parcs au dessus de Roybon, dans une zone à protéger, si l’on en réfère à la Loi sur l’Eau... Depuis, sentant une opprobre malveillante sur lui lorsqu’il se rend au village, il se fait prendre à partie à l’épicerie par un commerçant : alors qu’il s’apprêtait à le saluer, ce dernier déclara qu’il ne savait pas s’il devait serrer la main d’ une personne "qui fait mourir Roybon". Dans le même temps, de "bonnes âmes" trouvèrent opportun d’arracher ses panneaux de signalisation... Un triste week-end du début Février, une cabane de la ZAD brûla sous l’effet de cocktails Molotov, deux voitures d’opposants au Center Parcs furent incendiées et de jeunes zadistes copieusement rossés. Jean-Marie BRUN, pour rentrer chez lui, dut franchir un barrage routier sous la protection des gendarmes, sous les quolibets et les huées d’une meute haineuse.

Voici quelques jours, un courrier parvint au domicile de Jean-Marie BRUN, courrier par lequel Monsieur le Maire de Roybon lui signifiait que la mairie résiliait la convention qu’elle avait signée avec son entreprise en 2004. Cette résiliation était annoncée sans aucune indication quant à un quelconque projet justifiant la nécessité de récupérer les terrains, ni sans la moindre discussion préalable. Précisons que Jean-Marie offrait une réduction aux habitants de Roybon, et qu’il avait proposé de louer ou de racheter ces mêmes terrains, sans que la mairie eût seulement jugé utile de lui répondre. La haine, Jean-Marie BRUN ne la supporte pas : il vient de mettre sa maison en vente ; lui et ses chevaux souhaitent respirer, ailleurs, un air moins vicié...

Reliquat moyenâgeux, le bannissement a, pourtant, et selon le Larousse, "été supprimé du code pénal parce que contraire à la convention européenne des droits de l’homme". Monsieur le Maire de Roybon aurait-il oublié que les règles élémentaires de la démocratie autorisent tout citoyen à exprimer son opinion, pourvu que cette dernière n’appelle ni à la haine, ni à la violence ?... Monsieur le Maire, même sans partager vos convictions, nous serions portés à les considérer comme respectables, si votre action ne les discréditait. Vous pouvez vous en persuader : vous ne sortirez pas grandi de cet épisode...

Bernard Kuntz

- Source : Blog Mediapart
- voir aussi : La mairie de Roybon "punit" un opposant


2 Messages

  • Roybon : le retour du bannissement ! Le 24 mars 2015 à 19:17, par ContreDoncTerroriste

    Encore un grand texte Bernard, et malheureusement tellement factuel.
    Par les faits, la vindicte populaire a été établie à Roybon. Une honte !!!
    Ah si les gens étaient moins crédules et ne croyaient pas le premier camelot de la capitale venu.

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  • Roybon : le retour du bannissement ! Le 27 mars 2015 à 00:21, par Maryse

    Monsieur Brun je suis triste pour vous !! quelle honte ce Maire !! et que de regrets et chagrins pour ceux qui ne pourront plus voir ni vos chevaux, ni vous !!!

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